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Jean-Marie Ruiz, mascotte de la ville, s’en est allé

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En consultant la Nouvelle République dans la rubrique « Parthenay » ce matin, c’est avec une certaine émotion que nous apprenons le décès de Jean-Marie RUIZ, une figure légendaire que nous avons croisée à de nombreuses reprises à Parthenay, plus particulièrement devant la gare à la fin des années 60 quand nous étions en formation, Monique au Lycée Pérochon et moi à l’Ecole Normale.

Il était vraiment la mascotte de la ville. Laissons le journaliste de la NR écrire son « hagiographie » :

Décédé dimanche à l’âge de 78 ans, Jean-Marie Ruiz était un personnage atypique et attachant, considéré par beaucoup comme la mascotte de la ville.

Beaucoup de Parthenaisiens se sont réveillés hier avec la gueule de bois, quand ils ont appris la disparition d’une gueule, et même plus, de la mascotte de la ville. Jean-Marie Ruiz est décédé à l’âge de 78 ans, dimanche, vers 18 h 30, à l’hôpital de Parthenay, où il était pris en charge depuis une semaine.

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Qui n’a jamais croisé ce personnage atypique dans les cafés ou les rues du centre-ville ? Né le 26 juin 1939 à Saint-Amand-sur-Sèvre, Jean-Marie a passé la majeure partie de sa vie à Saint-Paul, où il vivait avec ses parents, originaires de Mortagne-sur-Sèvre (Vendée). A la mort de son père, le jeune homme est placé sous tutelle auprès de l’Union départementale des associations familiales (Udaf), et habite un HLM du quartier baptisé « La Champagne ».
Voisin de palier, Didier Gautier se souvient bien de lui comme un passionné de pétanque et de ballon rond. « Il entraînait les jeunes du quartier. Avec lui, on n’avait pas le choix, tout le monde allait jouer au football. » Habitué des stades et des salles de sport, ce supporter des Verts, qui quittait rarement son sac de sport, s’entraînait souvent seul devant la gare. « Quand les automobilistes s’arrêtaient pour acheter un billet de train, il s’amusait à prendre les voitures pour des buts », raconte Stéphane Martin, patron du café Le Théâtre, qui lui offrait un repas le samedi et fêtait chaque année son anniversaire.

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Mais Jean-Marie ne serait pas Jean-Marie sans ses anecdotes surréalistes et croustillantes qu’il égrenait aux passants en leur demandant une cigarette ou de la monnaie pour boire un café. Partir à vélo pour faire les 24 Heures du Mans, jouer la Coupe du monde avec le Brésil, affirmer être le frère de la chanteuse Olivia Ruiz ou le maire de Parthenay… Derrière son « insouciance », se cachait une impressionnante mémoire. « Il avait des références et se souvenait d’évènements qui ont quand même existé. Quelque part, il se voyait dans beaucoup de personnes et de situations », livre Stéphane Martin.
Depuis 2004, la mascotte résidait au foyer-logement Les Bergeronnettes, pris en charge par le personnel du centre communal d’action sociale. « Depuis trois, quatre ans, il avait pas mal de problèmes de santé. On s’occupait de lui comme un père, un frère ou un ami », reconnaît Guylène LIERE, la responsable, très émue par son décès. Malgré tout, il continuait à arpenter le centre-ville, habillé d’un survêtement, une casquette sur la tête et une médaille autour du cou, qui lui valait son surnom. Xavier Argenton lui avait d’ailleurs remis la médaille de la Ville, le 26 juin 2009, à l’occasion de ses 70 ans, trois ans avant de se faire le portrait dans le cadre du millénaire de Parthenay.
Les hommages à Jean-Marie Ruiz ne cessent d’affluer depuis hier sur les réseaux sociaux (lire par ailleurs). Ses obsèques seront célébrées jeudi 22 mars, à 14 h 30, à l’église Sainte-Croix. Dans la soirée, le conseil municipal respectera une minute de silence en début de séance. La municipalité réfléchit par ailleurs à rendre un nouvel hommage ultérieurement à cette personnalité, qui vivait dans son monde, mais imposait le respect et le sourire à tous. Une mascotte que Parthenay n’est pas prête d’oublier et qu’il sera difficile de remplacer.

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La disparition de Jean-Marie Ruiz a suscité énormément de réactions en ville hier. Comme si beaucoup d’habitants avaient perdu un proche ou un membre de leur famille. Profondément touchée, Guylène Liere, responsable du foyer-logement Les Bergeronnettes, se souvient d’un homme « vivant dans son monde », mais « qui était profondément sincère, avait toujours le sourire et un mot gentil pour le personnel ».
Une émotion également partagée par Xavier Argenton, qui l’avait croisé pour la dernière fois, jeudi après-midi, à l’Envers du Castille. « J’ai une bouffée de tristesse quand je pense à lui », confie le maire. « C’était un personnage plein d’humanité et de tendresse, atypique et rassurant, bien plus connu que le maire. On ne pouvait pas passer à côté de lui sans avoir une impression de gentillesse à son égard. »

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Sur les réseaux sociaux, les messages n’ont cessé d’affluer pour rendre hommage à la mascotte disparue. Beaucoup partagent leurs témoignages sur sa Mobylette, sa passion pour le football, le bruit de ses médailles, son imperméable et son sac de sport, mais surtout sa gentillesse. « T’es plus qu’une mascotte, t’es une légende… T’es plus qu’un souvenir, t’es un inconscient collectif… T’es pas marcheur, t’es un arpenteur infatigable des rues de Parthenay… », déroule ainsi Ghislain Pacault, patron de la Citadelle, sur sa page Facebook.
Mais l’un des plus beaux hommages est venu de Jérôme Rouger, fondateur de la compagnie La Martingale, qui lui avait consacré une partie de son spectacle « Inoffensif » en 2012 : « Ce délicieux perturbateur du quotidien était un dispositif social à lui tout seul, un pont entre tous les habitants de cette ville. Parthenay vient de perdre un petit morceau d’histoire et un grand morceau de poésie. »

Cliquer sur les documents pour les agrandir

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