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Le continent de plastique est bien plus grand qu’on ne le croyait

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Le thème du « Jour de la terre » célébré le 22 mars est la lutte contre la pollution des plastiques. Vidéographie sur le « continent plastique ».

https://www.youtube.com/watch?v=nouiXW6dAU0

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Elle fait trois fois la taille de la France métropolitaine. La décharge flottante du Pacifique contiendrait 80.000 tonnes de déchets. Une estimation jusqu’à 16 fois supérieure à ce que l’on imaginait.

Des milliards de morceaux de plastique, 80.000 tonnes de déchets: la gigantesque décharge qui flotte dans le Pacifique est bien plus importante qu’estimé précédemment. Elle s’étend sur une surface faisant trois fois la France, selon une étude publiée ce jeudi.

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Alors que la production de plastique dépasse 320 millions de tonnes par an, une partie de ces sacs, bouteilles, emballages, filets de pêche abandonnés et microparticules dégradées s’agglutinent dans plusieurs zones des océans, sous l’effet de tourbillons géants formés par les courants marins. Et menacent animaux et écosystèmes.

C’est le plus important de ces vortex, connu comme la « grande zone d’ordures du Pacifique » (Great pacific garbage patch, GPGP), que sont allés scruter, à mi-chemin entre Hawaï et la Californie, les auteurs de l’étude publiée dans la revue Scientific Reports.

Estimant que tout km2 contenant plus d’un kilo de plastique fait partie de cette poubelle du Pacifique, ils évaluent sa taille à environ 1,6 million de km2, soit trois fois la France continentale, même s’il ne s’agit pas d’une masse compacte.

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En se basant sur la récolte de 1,2 million d’échantillons et sur des survols aériens, ils concluent aussi que 1800 milliards de morceaux de plastique, pesant un total de 80.000 tonnes, flottent dans ce magma qui « augmente de façon exponentielle ».
Ces estimations sont ainsi 4 à 16 fois supérieures à deux précédentes études de ce vortex, soulignent les chercheurs. Un résultat en partie lié à des méthodes d’analyse « plus fiables », les précédentes s’étant surtout concentré sur les microplastiques. Mais qui pourrait « aussi être attribué à l’augmentation de la pollution plastique des océans dans la zone », notamment en lien avec les débris du tsunami japonais de 2011.

De manière générale, le plastique représentait 99,9% des déchets récoltés, mais pas nécessairement sous forme microscopique comme s’y attendaient les scientifiques. Ils ont été surpris de découvrir qu’en poids, plus des trois quarts de cette décharge étaient constitués de débris dépassant 5 cm et près de la moitié de matériel de pêche abandonné.

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Ces cordes et ces filets « fantômes » tuent beaucoup « de poissons, de tortues, et même de mammifères marins » qui s’empêtrent dedans, explique l’auteur principal Laurent Lebreton, de la fondation Ocean Cleanup. Mais c’est malgré tout « plutôt une bonne nouvelle » parce que « les gros débris sont bien plus faciles à collecter que les microplastiques », souligne-t-il.

« Ces résultats nous fournissent des données-clés pour développer et tester notre technologie de nettoyage, mais il souligne également l’urgence de s’attaquer au problème de la pollution aux plastiques », a ajouté dans un communiqué Boyan Slat, fondateur de Ocean Cleanup.

Le jeune Néerlandais, qui s’est lancé dans cette aventure à 18 ans, développe avec ses 75 ingénieurs un système de barrières flottantes destinées à attraper les plastiques. Quand il sera opérationnel, il espère vider 50% de la décharge du Pacifique en cinq ans.

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Mais ces barrières ne pourront pas ramasser les morceaux inférieurs à un centimètre, ce qui laisse entier le problème des microplastiques, particules néfastes pour la santé: ingérées par les poissons, elles entrent ensuite dans la chaîne alimentaire.

Combien de temps mettront-ils à disparaître? « Ça dépend du type de polymère, des conditions environnementales, mais la réponse sincère est que nous ne savons pas vraiment », reconnaît Laurent Lebreton.

L’étude s’interroge également sur le risque que ces particules finissent pas couler. « Le niveau de la pollution plastique en eaux profondes et sur les fonds marins sous la GPGP reste inconnu », estiment les chercheurs, qui appellent à d’autres échantillonnages.

Malgré le constat inquiétant, Laurent Lebreton refuse de désigner des coupables. « Les gens voient la quantité de matériel de pêche et pointent du doigt l’industrie de la pêche, mais ils mangent aussi du poisson. Ce n’est pas la question d’un secteur ou d’une région, c’est principalement notre mode de vie et de consommation, les plastiques à usage unique, la société du tout-jetable. » Et ajoute: « Nous devons prendre des mesures importantes en la matière. Nous résoudrons ce problème à l’échelle mondiale ».

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