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Traitement du cancer : les vertus de l’alimentation

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L’alimentation fait déjà partie intégrante de la prise en charge de maladies comme le diabète ou l’hypertension, mais une nouvelle étude explore son rôle dans le traitement du cancer.

L’article, publié mercredi 31 juillet dans la célèbre revue scientifique Nature, montre que la réduction drastique d’un acide aminé que l’on trouve notamment dans la viande rouge et les œufs a augmenté l’efficacité de la chimiothérapie et de la radiothérapie sur des souris, ralentissant la croissance de leurs tumeurs.

Il est toutefois beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions sur une possible efficacité chez l’homme, a souligné son auteur principal, Jason Locasale, professeur à l’université Duke (située en Caroline du Nord, États-Unis).

“ On affame les cellules cancéreuses en les privant de certains nutriments ”

Son équipe a diminué l’apport des souris en méthionine, un acide aminé indispensable au fonctionnement de l’organisme mais qui doit être apporté par l’alimentation car le corps ne peut le fabriquer lui-même. Cet ingrédient impliqué dans des réactions clés de notre métabolisme est également utilisé par les cellules cancéreuses pour croître. Les chercheurs ont testé ce régime restrictif sur des souris en bonne santé, pour vérifier qu’il avait bien l’effet attendu sur leur métabolisme, puis sur des rongeurs atteints de cancer colorectal et de sarcome des tissus mous (cancers rares qui prennent généralement naissance dans les membres ou le thorax).

L’administration d’une faible dose de chimiothérapie, qui n’aurait pas eu d’effet par elle-même sur le cancer colorectal, a alors entraîné « une réduction marquée de la croissance de la tumeur ». Le même effet a été observé en combinant restriction de méthionine et radiothérapie sur les souris atteintes de sarcome des tissus mous. « On affame les cellules cancéreuses en les privant de certains nutriments », a expliqué Jason Locasale.

« Ça n’est certainement pas un remède universel contre le cancer », mais « cela montre qu’il y a des interactions très intéressantes avec la nourriture que nous mangeons, comment cela change le métabolisme et comment ces changements du métabolisme cellulaire pourraient avoir un effet sur la croissance tumorale ».

Dans une première étape pour étendre leurs recherches à l’être humain, les chercheurs ont testé ce régime pauvre en méthionine sur six personnes en bonne santé pendant trois semaines. Ils ont conclu que l’effet provoqué sur le métabolisme humain était similaire à celui observé chez les souris, ce qui appuie l’hypothèse qu’un tel régime pourrait aussi avoir un effet sur certaines tumeurs de l’être humain, avancent-ils.

« Avant d’en tirer des conclusions sur le potentiel de restrictions alimentaires comme approche pour traiter le cancer, il faut des études sur l’homme », avertit Paul Pharoah, professeur d’épidémiologie du cancer à l’université de Cambridge (Royaume-Uni), qui n’a pas participé à l’étude.

Le professeur Locasale souligne toutefois que les études cliniques en nutrition ont souvent du mal à trouver des financements, car leurs résultats sont difficilement monétisables.

Avant d’aller tester le régime crétois à la mi-septembre, voici :

Quelques conseils alimentaires

Selon la Ligue contre le cancer, quatre règles sont conseillées pour limiter le risque de cancer :
> manger plus de fruits et de légumes. Depuis plus d’un demi-siècle, de nombreuses études ont démontré que les sujets consommant davantage de fruits, de légumes, de poisson, et dans une moindre mesure de céréales, développaient moins de cancers des voies digestives (bouche, œsophage, estomac, côlon), des voies respiratoires (bronches et poumon) et du pancréas.
> consommer moins de viande et moins de graisses animales. Les régimes trop riches en viande, et notamment en charcuterie et viandes cuites à haute température, augmentent le risque de cancer de l’intestin. La consommation de viande ne devrait pas dépasser 10 % de l’apport énergétique quotidien. De la même manière, les huiles et les graisses ne devraient pas fournir plus de 30 % de cet apport, alors que la moyenne française se situe actuellement autour de 40 %.
> réduire la consommation de sel. La consommation individuelle de sel ne devrait pas dépasser 6 g par jour. En causant des dommages sur la muqueuse gastrique, le sel favoriserait la transformation cancéreuse des cellules.
> Boire moins d’alcool. La consommation d’alcool est le principal facteur de risque alimentaire de cancer en France. L’alcool, en particulier lorsqu’il est associé au tabac, joue un rôle dans le déclenchement des cancers de la langue, de la gorge, du sein et du foie. En France, 7 % à 10 % des cancers seraient associés à un excès de boissons alcoolisées

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